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assemblée Nationale


Rapport de la commission relatif à l’examen du Projet de Budget 2023 du Ministère de la Santé et de l’Action sociale

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Monsieur le Président,

Madame, Messieurs les Ministres,

Chers Collègues, 

Le projet de budget 2023 du Ministère de la Santé et de l’Action sociale est arrêté à 272 474 429 117FCFA en autorisations d’engagement (AE) et 242474 429 117 FCFA en crédits de paiement (CP).

Par programme, ce projet de budget est réparti comme suit :

Programme 1020 : Pilotage, Coordination et Gestion administrative 

Pour l’exercice 2023, les crédits dudit programme sont arrêtés à  45 198 679 021 FCFA en AE et en CP.

Par nature économique de dépenses, les crédits de ce programme sont répartis comme suit :

  • Personnel : 10 357 694 352 FCFA en AE et en CP ;
  • Acquisitions de biens et services : 14 815 517 500 FCFA en AE et en CP ; 
  • Transferts courants : 14 764 299 000 FCFA en AE et en CP ; 
  • Investissements exécutés par l’État : 5 261 168 169 FCFA en AE et en CP.

Programme 2064 : Santé de Base 

Pour l’exercice 2023, les crédits du programme Santé de Base sont arrêtés à 115 231 940 458 FCFA en AE et en CP.

Par nature économique de dépenses, les crédits de ce programme sont répartis comme suit :

  • Personnel : 23 318 235 859 FCFA en AE et en CP ;
  • Acquisitions de biens et services : 3 459 721 132 FCFA en AE et en CP ;
  • Transferts courants : 9 878 680 000 FCFA en AE et en CP ;
  • Investissements exécutés par l’État : 77 459 451 905 FCFA en AE et en CP;
  • Transferts en capital : 1 115 851 562 FCFA en AE et en CP.

 

Programme 2066 : Santé de Référence

Pour l’exercice 2023, les crédits dudit programme sont fixés à 108 584 003 407 FCFA en AE et 78 584 003 407 FCFA en CP.

Par nature économique des dépenses, les crédits de ce programme sont répartis comme suit :

  • Personnel : 23 304 831 934 FCFA en AE et en CP ;
  • Acquisitions de biens et services : 438 432 421 FCFA en AE et en CP ;
  • Transferts courants : 27 898 035 000 FCFA en AE et en CP ;
  • Investissements exécutés par l’État : 53 086 205 097 FCFA en AE et 23 086 205 097 FCFA en CP ;
  • Transferts en capital : 3 856 498 955 FCFA en AE et en CP.

 Programme 2067 : Protection sociale

Pour l’exercice 2023, les crédits du programme Protection sociale sont arrêtés à 3 459 806 231 FCFA en AE et en CP. 

Par nature économique des dépenses, les crédits de ce programme sont répartis comme suit :

  • Personnel : 1 580 185 085 FCFA en AE et en CP ;
  • Acquisitions de biens et services : 751 039 204 FCFA en AE et en CP ;
  • Transferts courants : 567 347 671 FCFA en AE et en CP ;
  • Investissements exécutés par l’État : 341 234 271 FCFA en AE et en CP ;
  • Transferts en capital : 220 000 000 FCFA en AE et en CP.

Votre Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, élargie à la Commission de la Santé, de la Population, des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, a examiné, en sa séance du dimanche 30 octobre 2022, sous la présidence de Monsieur Seydou DIOUF, le projet de budget 2023 du Ministère de la Santé et de l’Action sociale.

Le Gouvernement était représenté par Dr. Marie Khémesse NGOM NDIAYE, Ministre de la Santé et de l’Action sociale, Messieurs Mamadou Moustapha BA, Ministre des Finances et du Budget et Samba SY, Ministre du Travail, du Dialogue social et des Relations avec les Institutions.

Ouvrant la séance, Monsieur le Président a, d’abord, souhaité la bienvenue aux membres du Gouvernement ainsi qu’à leurs collaborateurs. Il a, ensuite, félicité et encouragé Madame le Ministre de la Santé et de l’Action sociale, pour la confiance renouvelée du Chef de l’État.

Il a, ensuite, la parole à Madame Sira NDIAYE, Présidente de la Commission de la Santé, de la Population, des Affaires sociales et de la Solidarité nationale, qui, après s’être associée aux félicitations et encouragements, a invité Madame le Ministre de la Santé et de l’Action sociale à présenter le projet de budget 2023 de son département.

À l’entame de son propos, Madame le Ministre s’est réjouie de se présenter devant la Représentation nationale. Elle a aussi réitéré ses remerciements au Président de la République pour la confiance renouvelée, ainsi qu’au Premier Ministre.

Elle a, par ailleurs, félicité vos Commissaires pour leur élection, tout en rendant un hommage appuyé aux vaillants personnels de la Santé et de l'Action sociale, pour leur détermination à préserver la santé des populations et à assurer la prise en charge des indigents ainsi que des couches vulnérables. 

Abordant le projet de budget, Madame le Ministre a indiqué que l'examen du bilan financier de la gestion en cours, au 30 septembre 2022, révèle un taux d'exécution global du budget de 64,32%. Elle a toutefois rappelé que ce taux va sensiblement augmenter à la fin de l'exercice, avec une projection de l'ordre de 95%.

Parallèlement, elle a passé en revue l’exécution technique du budget 2022 ainsi que les perspectives, pour l’exercice 2023.

À titre illustratif, il peut être cité, parmi les réalisations phares, l'amélioration des indicateurs de la santé de la mère et de l'enfant, l'augmentation du nombre de centres de dialyse, l'ouverture et le fonctionnement des cinq (5) nouveaux hôpitaux (Agnam, Kaffrine, Kédougou, Sédhiou et Touba), le renforcement des équipements dans les hôpitaux, les centres et postes de santé ainsi que l'augmentation du nombre de spécialistes formés et recrutés. 

Concernant les perspectives pour 2023, Madame le Ministre a, notamment, souligné la relance de l'industrie pharmaceutique locale, le renforcement de la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles, le renforcement de l'accessibilité géographique à des services de santé de qualité, ainsi que l’extension progressive de la signature des conventions de prise en charge des indigents aux hôpitaux régionaux et le renforcement de l'accès aux technologies d'assistance aux personnes handicapées.

Prenant la parole à sa suite, vos Commissaires lui ont adressé leurs sincères félicitations et encouragements, suite à  sa reconduction à la tête de ce département, avant de formuler les observations et préoccupations ci-après :

Vos Commissaires ont, d’abord, salué les efforts budgétaires considérables consentis par le Gouvernement, ainsi que les nombreuses réalisations dans le secteur de la Santé, notamment ces dernières années. 

À ce titre, ils ont relevé la construction des hôpitaux de Kaffrine, Kédougou, Sédhiou et Touba, le démarrage des travaux de l’hôpital régional de Matam, la mise à disposition de centrales à oxygène, la décentralisation du SAMU national, ainsi que l’acquisition d’équipements, tels que les scanners IRM et les accélérateurs de particules pour la radiothérapie.

En outre, vos Commissaires ont magnifié la solidité de notre système de santé, le renforcement des ressources humaines, les bourses de spécialisation et les politiques tendant à faciliter l’accès à la souveraineté pharmaceutique.

Par ailleurs, ils ont rendu un hommage au personnel de santé et de l’action sociale pour leur engagement et leur dévouement.

Toutefois, vos Commissaires ont interpellé Madame le Ministre sur la baisse des crédits sur certains programmes et actions dans le projet de budget, ainsi que sur le respect de la Déclaration d’Abuja, à la suite de l’engagement des États de l’Union africaine à allouer 15% de leurs budgets à la Santé. Au total, ils ont souhaité davantage de ressources pour le secteur de la Santé.

Vos Commissaires ont, par ailleurs, souligné qu’il convient, aujourd’hui, d’anticiper sur les revanches de la nature, au regard des multiples agressions dont elle fait l’objet.

D’autre part, ils ont décrié les négligences, les grèves récurrentes ainsi que le corporatisme qui gangrène notre système sanitaire, tout en souhaitant la prise de mesures nécessaires à l’amélioration de l’accueil réservé aux patients dans les structures de santé.

Revenant sur la gestion de la Covid-19, vos Commissaires ont demandé des informations sur le montant alloué au secteur de la Santé, dans le cadre du Programme de Résilience économique et sociale (PRES), estimé à mille (1000) milliards FCFA, la non-reconnaissance du vaccin SINOPHARM par l’Occident, les OGM et la part allouée à l’État du Sénégal sur les recettes générées par les tests réalisés à l’Institut Pasteur de Dakar. 

Madame le Ministre a, en outre, été interpellée sur la loi d’orientation sociale relative aux personnes en situation de handicap et sur la reconstruction de l’hôpital Aristide Le DANTEC.

Au sujet de la gestion des déchets médicaux, ils ont invité Madame le Ministre à la mise en œuvre d’une politique en matière de Qualité, Hygiène, Sécurité et Environnement (QHSE) pour une meilleure prise en charge de cette problématique.

Vos Commissaires se sont, en outre, préoccupés de la situation des jeunes pharmaciens par rapport à leur recrutement dans la Fonction publique et aux difficultés auxquelles ils sont confrontés pour l’ouverture d’officines liées notamment à l’absence de l’arrêté y relatif depuis trois (3) ans. En outre, vos Commissaires ont plaidé l’accompagnement des laboratoires d’analyse au niveau des structures sanitaires et souligné la nécessité de travailler à la réalisation de notre souveraineté pharmaceutique.

Concernant la prise en charge de la santé par la ville de Dakar, vos Commissaires ont posé la problématique de son financement par les Collectivités territoriales. À ce propos, ils ont soutenu que ces dernières n’ont pas suffisamment de ressources pour mener cette politique imposée par la mise en œuvre de l’Acte 3 de la décentralisation. 

Toujours sur le financement de la Santé, vos Commissaires ont invité le Gouvernement à instaurer une taxe sur certains produits, comme le tabac, le sucre, etc., en vue de collecter des ressources supplémentaires.

Abordant la question de la carte sanitaire, ils se sont renseignés sur l’ouverture des centres de santé de Cas-Cas, de Cambérene 2 et de Fimela, ainsi que sur la poursuite de la construction du centre de santé de Jaxaay. 

Dans la même lancée, vos Commissaires ont souhaité la construction des centres de santé de Barkédji, Koumpentoum, Ouest Foire, Salémata, Tanaf et Vélingara Ferlo, ainsi que l’érection des postes de santé de Dabo, Gniby et Kouthiaba Wolof en centres de santé.

Quant à ceux de Mbacké, Nioro, Yeumbeul et de Pikine (Baye Talla Diop (ex Dominique)) en hôpitaux de niveau 1 avec un bloc opératoire fonctionnel pour ce dernier.

Poursuivant, vos Commissaires ont sollicité un hôpital pour le département de Vélingara, qui abrite le marché de Diaobé et le Daaka de Médina Gounass, ainsi que pour Darou Mousty.

En outre, vos Commissaires ont demandé un bloc de Soins obstétricaux et néo-nataux d’Urgence (SONU) et une banque de sang pour l’hôpital régional de Kolda, qui a une vocation sous régionale, tout en souhaitant sa délocalisation pour cause d’inondations fréquentes du site. 

Par ailleurs, ils ont sollicité l’appui du Ministère pour les structures sanitaires, comme les hôpitaux de Ninéfécha, Dalal Jamm, Ndamatou et Matlaboul Fawzeyni de Touba, l’hôpital Général Idrissa POUYE de Grand Yoff, le centre de santé Philippe Maguilène Senghor de Yoff, ainsi que pour les structures de santé de Mbodiène, Ourossogui, Warkhokh et de Yang Yang, mais aussi celles de  Kidira, où il est noté présentement l’inexistence de morgues.

Toujours en ce qui concerne la carte sanitaire, vos Commissaires ont souhaité la construction d’hôpitaux de référence à Bignona, Kidira et Kougheul, de centres de santé à Pire, dans la bande frontalière avec la Gambie ainsi qu’à Niodior et à Diouloulou où un besoin en vedettes-ambulances a été noté. Des postes de santé ont également été sollicités dans les communes de Keur Samba Kane et Wadiour.

Pour le département de Médina Yoro Foulah, il a été sollicité la construction d’un centre de santé et l’affectation d’un chirurgien-dentiste. Vos Commissaires ont, en effet, souligné l’absence de centre de santé dans les quatre (4) communes dudit département.

Vu la démographie de Keur Moussa, un poste de santé secondaire a été jugé nécessaire pour cette commune de 56 villages.

De plus, vos Commissaires ont sollicité un accompagnement pour les hôpitaux de Louga, Roi Baudoin de Guédiawaye, le centre de santé de Wakhinane Nimzath pour l’extension de la radiographie et l’hôpital Youssou Mbargane DIOP de Rufisque en état de délabrement avancé, le centre santé de Diamaguene-Sicap-Mbao ainsi que l’hôpital Mame Abdou Aziz SY Dabakh de Tivaouane.

Aussi, pour Touba, vos Commissaires ont souhaité le recrutement de personnel pour le poste de santé à construire par Touba Ca Kanam. Dans la même veine, ils ont souhaité le renforcement des équipements et du personnel pour le poste de santé de Cambérene, pour les structures de Foundiougne, Passy, Sokone et Ndindi.

Vos Commissaires ont également interpellé Madame le Ministre sur la mortalité infanto juvénile, le coût élevé de la santé, la lutte contre la Covid-19 et le concours d’entrée à l’École Nationale pour le Développement Sanitaire et Social (ENDSS).

Sur le plan SESAME, vos Commissaires ont souhaité des mesures tendant à faciliter les procédures de prise en charge et les soins à domicile.

Vos Commissaires ont, en outre, souhaité la mise en œuvre de politiques idoines pour la prise en charge des maladies tropicales négligées, des insuffisants-rénaux et des malades du cancer, tout en mettant l’accent sur la nécessité de renforcer la prévention.

S’agissant du personnel médical et paramédical, vos Commissaires ont suggéré le renforcement de capacités des agents pour une meilleure prise en charge des patients. Ils ont aussi demandé davantage de spécialistes, notamment des cardiologues, néphrologues, pédiatres, des ophtalmologues, entre autres, sur toute l’étendue du territoire national.

Par ailleurs, la qualité de la formation au sein des écoles privées dans le domaine de la santé, a été relevée par vos Commissaires qui ont, à ce sujet, souligné le faible taux de réussite de leurs étudiants aux examens d’État.

Relativement aux ambulances, vos Commissaires ont demandé des informations sur leur nombre, au titre de l’année 2023, et les structures bénéficiaires. En outre, ils ont insisté sur la nécessité de disposer d’ambulances, surtout en milieu rural, afin de faciliter l’évacuation des patients, particulièrement les femmes en cas de complications à l’occasion d’un accouchement. En outre, ils ont souhaité la décentralisation du SAMU national à Kolda et Sédhiou. 

Relativement aux équipements, vos Commissaires ont invité le Gouvernement à procéder au relèvement du plateau technique dans les structures sanitaires.

La santé mentale a aussi beaucoup intéressé vos Commissaires qui ont suggéré la construction de centres d’accueil pour les individus concernés et la bonne prise en charge des enfants déficients intellectuels.

Au sujet de la gestion des Comités de santé, ils ont salué la réforme mise en place dans ce cadre, tout en soulignant la problématique de l’application des textes. Sur ce, vos Commissaires ont souhaité davantage de sensibilisation notamment sur la manipulation des fonds desdits comités par les médecins-chefs de district.

Le travail des « Badiénou Gokh » a aussi été magnifié par vos Commissaires qui ont souhaité un meilleur traitement pour ces femmes.

Ils n’ont pas manqué de déplorer la faiblesse des ressources allouées à l’Action sociale. Par conséquent, ils ont demandé le renforcement des crédits alloués à ce sous-secteur, compte tenu du coût excessivement cher des soins de santé pour les couches vulnérables. Ils ont estimé que la moitié du budget de l’Action sociale est destinée aux charges de personnel.

Enfin, vos Commissaires se sont intéressés à la dette de la CMU, son ancrage au sein du département de la Santé et aux investissements prévus dans le secteur, au titre de l’année 2023.

Reprenant la parole, Madame le Ministre a remercié vos Commissaires pour les félicitations et les prières formulées à son endroit, avant de répondre aux différentes interpellations. 

Relativement à la carte sanitaire, elle a rappelé l’organisation de la prise en charge des malades, dans le cadre de la pyramide sanitaire. En effet, elle a précisé qu’à la base, il y a les cases de santé. Ensuite, viennent les postes de santé, les centres de santé avec différents niveaux et les Etablissements publics de Santé (EPS) de niveau 1 jusqu’à 3.

En outre, Madame le Ministre dira qu’avec la décentralisation des universités, l’EPS de Saint-Louis, Le Dantec et l’hôpital Principal de Dakar seront érigés en EPS de niveau 4.

Par conséquent, chaque structure doit jouer pleinement son rôle avec l’accompagnement des services de l’Action sociale, pour une meilleure prise en charge de la santé de nos populations.

Par ailleurs, Madame le Ministre a rappelé que la construction d’une structure de santé doit répondre aux exigences de la carte sanitaire, car la prolifération entraine inéluctablement un déficit de personnel qualifié. À ce propos, elle a soutenu qu’il serait intéressant de tendre vers l’intercommunalité, aussi bien pour les structures que pour les équipements.

Pour ce qui est du SAMU, elle a indiqué que cette structure joue un rôle important, notamment en ce qui concerne l’évacuation des patients. À ce titre, elle est du même avis que vos Commissaires sur la nécessité de doter les îles de vedettes-ambulances, avant d’ajouter que l’évacuation par voie aérienne constitue également une alternative, même si elle a un certain coût.

En outre, Madame le Ministre a précisé qu’avec la fermeture de l’hôpital Aristide Le Dantec, des blocs opératoires ont été ouverts respectivement aux centres de santé de Mbao et de Keur Massar.

Sur les centres de transfusion sanguine, elle a indiqué que des efforts sur le plan budgétaire ont été consentis, soulignant qu’il faut nécessairement les décentraliser, avant d’inviter nos compatriotes à effectuer régulièrement le don de sang.

S’agissant de l’hôpital de Ninéfécha, Madame le Ministre a informé que la télémédecine y avait été testée par les équipes de l’hôpital Principal de Dakar.

Sur la formation du personnel de santé, elle a rappelé qu’il faut, pour être infirmier ou sage-femme, le baccalauréat plus trois (3) années d’études et au moins huit (8) années d’études pour le médecin.

Au sujet de l’accueil des patients et accompagnants au niveau des structures sanitaires, elle a souligné la nécessité d’établir un climat de confiance entre le personnel de santé et les populations. Poursuivant, elle a souligné les difficultés pour les agents de santé d’assurer des gardes pouvant durer jusqu’à 24 heures avant d’inviter les uns et les autres à faire preuve d’empathie et de compréhension.

Sur les équipements et le plateau médical, au niveau des structures sanitaires, Madame le Ministre a insisté sur l’importance des produits certifiés pour, notamment, plus de sécurité ainsi que la maintenance et la mise en œuvre de la politique QHSE.

La prévention est également toujours de rigueur au Sénégal, a soutenu Madame le Ministre qui, à titre illustratif, fera noter l’existence d’un Comité national de gestion des épidémies depuis 1990. Ledit Comité a joué un rôle crucial dans la lutte contre la Covid-19, avec un plan de préparation et un plan de contingence. Elle a aussi fait noter l’éradication, aujourd’hui, de la poliomyélite dans notre pays, à travers le contrôle du poliovirus sauvage. De même, elle a souligné les efforts consentis en direction du Service national de l’Hygiène. 

Sur la promotion de la santé communautaire et le traitement des Badiénou Gokh, elle a rappelé que les acteurs communautaires étaient, à la base, régis par le bénévolat. Toutefois, il est prévu de procéder à une évaluation à ce niveau, afin de prendre les mesures appropriées.

Au sujet des journées de consultations gratuites, Madame le Ministre a estimé que, pour une meilleure organisation, il faudrait en amont impliquer les services du Ministère de la Santé et de l’Action sociale.

S’agissant de la loi sur les OGM, elle a précisé qu’à travers cet instrument juridique, il est plus aisé d’encadrer leur utilisation, aujourd’hui, avant d’inviter à communiquer davantage sur ce sujet.

Réagissant à l’interpellation relative aux jeunes pharmaciens, Madame le Ministre a annoncé que les arrêtés sont déjà sortis pour l’ouverture d’officines. Elle a aussi informé du recrutement de pharmaciens dans la Fonction publique, ainsi que dans le projet « Initiative, Innovation pour la santé des mères et des enfants d’Afrique » (ISMEA).

Pour ce qui est des sites destinés à la construction de structures sanitaires, elle a insisté sur la nécessité de la mise en place préalable d’un réseau d’assainissement dans ces zones.

Sur la prise en charge des urgences, Madame le Ministre a expliqué que l’urgence permet de lever un obstacle, afin de pouvoir procéder à l’exploration. Ainsi, en dehors des gratuités ciblées que sont les enfants de zéro à cinq (5) ans, la césarienne, la dialyse, etc., les autres services demeurent payants.

Concernant l’Action sociale, Madame le Ministre a indiqué qu’il n’est pas souhaitable que ce sous-secteur soit détaché du Ministère en charge de la Santé, expliquant que la prise en charge des groupes vulnérables est transversale. 

Madame le Ministre a, enfin, indiqué sa disponibilité à transmettre des réponses complémentaires écrites à vos Commissaires.

A son tour, Monsieur le Ministre des Finances et du Budget est  revenu sur la problématique du respect, par le Gouvernement du Sénégal, du ratio de 15% de financement du budget national au secteur de la Santé.

À ce propos, il a rappelé que le budget du Ministère de la Santé de l’Action sociale, pour l’année 2023, dépasse en CP les 242 474 000 000 FCFA. Ce montant, a-t-il précisé, rapporté au budget national compte non tenu de la dette et des dépenses communes, place le Sénégal aux environs des 15% de la Déclaration d’Abuja.

En outre, Monsieur le Ministre a souligné que, dans le service de la dette, au titre de l’année 2023, qui s’élève à 1 600 000 000 FCFA, figurent deux projets relevant du secteur de la Santé. Il s’agit, en effet, du Programme de Développement intégré de la Santé (PDIS), négocié en 1997 et payable jusqu’en 2037 ainsi que du financement de la construction de l’hôpital Dalal Jamm jusqu’en 2031.

Toujours au titre des efforts budgétaires dans le secteur de la Santé, il soulignera, à titre illustratif, le Plan stratégique national de Lutte contre le Sida et le Programme de renforcement de la nutrition au niveau du Secrétariat général du Gouvernement. De même, au niveau des Forces armées, il est noté l’hôpital Principal de Dakar et le projet de construction de la Polyclinique.

 

 

Monsieur le Ministre a, en outre, fait état de la Couverture Maladie universelle (CMU), des imputations budgétaires destinées à la prise en charge des dépenses sanitaires des agents de l’État, du FONSIS, notamment pour les hôpitaux de Touba et de Tivaouane, des fonds de dotation, etc., pour ainsi indiquer l’ensemble des ressources destinées au secteur de la Santé et qui permettent au Sénégal de se rapprocher considérablement de l’objectif de la Déclaration d’Abuja.

Sur le recrutement du personnel de santé de ces dernières années, Monsieur le Ministre a informé qu’il est de l’ordre de 20 126 agents pour un impact budgétaire d’environ 12 milliards FCFA.

Concernant la part du secteur de la Santé, au titre des 1000 milliards FCFA du Programme de résilience économique et sociale (PRES), il a précisé que ce montant était composé, d’une part, de 628 milliards FCFA de ressources décaissables et, d’autre part, de 372 milliards FCFA de renonciations de recettes.

Poursuivant son propos, Monsieur le Ministre a indiqué qu’au titre des ressources décaissables, c’est-à-dire dont le paiement est effectué par le Trésor public ou un partenaire technique et financier, il a été initialement retenu 77,8 milliards FCFA pour le secteur de la Santé mais, d’après le rapport du Comité de Suivi, le montant total s’élève à environ 97 milliards FCFA, compte non tenu des dépenses relatives aux obligations impayées, notamment à la dette de la CMU pour un montant de 16.6 milliards FCFA, en 2020.

S’agissant d’ailleurs de la dette de la CMU, il a informé que sur la base de la situation faite en septembre 2022, elle est évaluée à environ 29,5 milliards FCFA. Sur ce, Monsieur le Ministre a promis de plus amples détails notamment sur la gestion de la dette de la CMU, lors du passage de son ministère de tutelle.

Pour les travaux de construction du centre de santé de Jaxaay, il a indiqué qu’un montant de 700 millions FCFA est prévu dans le projet de budget de l’année 2023 pour les réaliser.

Enfin, au sujet des investissements pour le département de la Santé, toujours au titre de l’année 2023, Monsieur le Ministre dira qu’ils sont évalués à environ 126 milliards FCFA.

Satisfaits des réponses apportées par Madame et Monsieur les Ministres, vos Commissaires ont adopté, à la majorité, les différents programmes du projet de budget 2023 du Ministère de la Santé et de l’Action sociale. Ils vous demandent d’en faire autant, s’il ne soulève, de votre part, aucune objection majeure.

 

SECTION 54 : MINISTERE DE LA SANTE ET DE L’ACTION SOCIALE