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Rapport de la commission relatif à l’examen du Projet de Budget 2023 du Ministère du Tourisme et des Loisirs

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Monsieur le Président,

Messieurs les Ministres,

Chers Collègues,

Le projet de budget 2023 du Ministère du Tourisme et des Loisirs est arrêté à 8 692 891 127 FCFA en Autorisations d’Engagement (AE) et en Crédits de Paiement (CP).

Par programme, ce projet de budget est réparti comme suit :

Programme 1016 : Pilotage, Coordination et Gestion administrative 

Pour l’exercice 2023, les crédits de ce programme sont évalués à 748 141 019 FCFA en AE et en CP.  

Par nature économique de dépenses, ces crédits sont répartis comme suit :

  • Dépenses de personnel : 331 239 940 FCFA en AE et en CP ;
  • Acquisitions de biens et services : 416 901 079 FCFA en AE et en CP. 

Programme2050 : Développement de l’Offre touristique

Pour l’exercice 2023, les crédits dudit programme sont arrêtés à 7 944 750 108 FCFA en AE et en CP.  

Par nature économique de dépenses, ces crédits sont répartis comme suit :

  • Dépenses de personnel : 219 201 000 FCFA en AE et en CP ;
  • Acquisitions de biens et services : 395 540 672 FCFA en AE et en CP ;
  • Transferts courants : 3 989 500 000 FCFA en AE et en CP ;
  • Investissements exécutés par l’État : 1 052 500 000 FCFA en AE et en CP ;
  • Transferts en capital : 2 288 008 436 FCFA en AE et en CP.

Votre Commission des Finances et du Contrôle budgétaire, élargie à la Commission des Affaires économiques, a examiné, en sa séance du vendredi 28 octobre 2022, sous la présidence de Monsieur Seydou DIOUF, le projet de budget 2023 du Ministère du Tourisme et des Loisirs.

Le Gouvernement était représenté par Messieurs Mame Mbaye Kan NIANG, Ministre du Tourisme et des Loisirs, Mamadou Moustapha BA, Ministre des Finances et du Budget, et Samba SY, Ministre du Travail, du Dialogue social et des Relations avec les Institutions, entourés de leurs principaux collaborateurs.

Ouvrant la séance, Monsieur le Président a souhaité la bienvenue à Messieurs les Ministres ainsi qu’à leurs collaborateurs. Il leur a également adressé ses félicitations et vœux de succès dans l’accomplissement de leurs missions.

Il a, ensuite, passé la parole à Monsieur Mady DANFAKHA, Président de la Commission des Affaires économiques qui, après des mots de félicitations et d’encouragements, a invité Monsieur le Ministre à présenter le projet de budget 2023 de son département.

Prenant la parole, Monsieur le Ministre a exprimé tout le plaisir qui l’anime d’être devant les Représentants du Peuple, pour soumettre à leur appréciation le projet de budget 2023 de son département.

À cet effet, il a indiqué que ledit projet de budget est élaboré dans un contexte de poursuite des efforts de relance du secteur du Tourisme et des Loisirs, qui a été négativement impacté par la pandémie de la Covid-19. Les efforts considérables consentis par le Gouvernement, dans le cadre du Plan de Résilience économique et social (PRES), ont permis un retour à une dynamique de croissance. 

Par ailleurs, Monsieur le Ministre a rappelé la vision de la politique du secteur du Tourisme et des Loisirs puis fait le bilan de l’exercice en cours avant de mettre en exergue les perspectives de son département pour l’exercice 2023.

Intervenant, à leur tour, vos Commissaires ont adressé à Monsieur le Ministre leurs chaleureuses félicitations et vœux de succès dans l’accomplissement des missions qui lui sont confiées. Ils ont, ensuite, fait part de leurs préoccupations et suggestions qui, pour l’essentiel, se résument aux points ci-après :

D’emblée, vos Commissaires ont rappelé le rôle important du secteur touristique dans la croissance économique de notre pays, à travers la création de richesse et d’emplois.   À cet égard, ils ont invité Monsieur le Ministre à faire l’état des lieux du secteur, en indiquant sa contribution dans le PIB, le nombre global des entrées, les retombées sur l’emploi des jeunes. Ils se sont également intéressés à la situation post-Covid-19 et à la politique stratégique de relance du secteur.

Ils ont, en outre, appelé à la diversification de l’offre touristique pour faire ressortir la richesse patrimoniale de la destination Sénégal et attirer une plus de visiteurs. Dans cette perspective, il a été prôné le développement de l’écotourisme, du tourisme durable, religieux, médical, cynégétique, historique et culturel dans toutes les localités du pays, particulièrement à Kébémer, Mbacké, Mbodiéne, Ndiaby FALL et Sédhiou.

Par ailleurs, en vue de rendre le secteur plus performant, vos Commissaires ont estimé que le volet promotion touristique doit être décliné en un programme budgétaire, doté de ressources suffisantes, pour élaborer une stratégie de marketing afin d’optimiser la visibilité du secteur tant au niveau national qu’international. 

En outre, ils ont invité les acteurs à des tarifs nationaux attractifs pour faciliter l’organisation de colonies de vacances à l’intérieur du pays et inciter les Sénégalais à s’intéresser au tourisme local. Ce qui offrirait aux jeunes l’occasion de découvrir la richesse de l’univers touristique du Sénégal et de s’imprégner davantage de nos valeurs. Également, il a été recommandé la tenue fréquente d’activités de nos institutions au niveau des sites touristiques ainsi que la subvention du séjour de leurs agents qui choisissent d’y passer leurs vacances plutôt qu’à l’étranger. 

Vos Commissaires ont salué le travail considérable de l’Agence sénégalaise de Promotion touristique (ASPT) dans la vulgarisation de la destination Sénégal, à travers, notamment, la plateforme « Tamu Sénégal » qui enregistre des résultats probants. À ce propos, ils ont plaidé l’augmentation des ressources de ladite agence, tout en suggérant une hausse de la taxe touristique.

Tout en saluant l’érection de la Casamance en zone touristique spéciale d’intérêt national, vos Commissaires ont interrogé Monsieur le Ministre sur son impact dans le développement touristique de cette zone. Ils l’ont, par ailleurs invité à accorder une attention particulière à la redynamisation de la zone touristique stratégique de Cap Skirring afin de booster l’économie locale. Un accompagnement a été sollicité pour des réceptifs comme l’hôtel Diouramay, Djiromaït ou encore le Kalissaï ainsi que la prise en compte des localités d’Abéné et de Kafountine pour leur permettre d’attirer la clientèle en Casamance. L’ouverture de l’École d’Application aux Métiers du Tourisme de Ziguinchor a aussi intéressée vos Commissaires.

A ce sujet, ils ont mis l’accent sur l’intérêt d’appuyer la relance des hôtels Delta Niominka, Club Aldiana, Laguna Beach, le Domaine de Nianing ainsi que sur la mise en tourisme de la zone du Technopôle de Pikine.

Vos Commissaires ont aussi exprimé leur préoccupation relativement aux difficultés notées dans l’octroi d’agréments et de cartes guides professionnelles, particulièrement au campement Casano de Djilakoune et pour les guides de Foundiougne. À cet effet, Monsieur le Ministre a été invité à accompagner davantage les guides touristiques dans leur formation professionnelle.

Relativement au Programme City Trip Dakar, Monsieur le Ministre a été interpellé sur sa pertinence et son contenu. 

S’intéressant à la Société d’Aménagement et de Promotion des Côtes et Zones touristiques​ du Sénégal (SAPCO), vos Commissaires ont souhaité, entre autres, la réhabilitation du mausolée de Lat-Dior, la rénovation du village des Tortues, l’aménagement des sites du Delta du Saloum, de Kahone et de Lompoul. L’amélioration des conditions de travail du personnel de la SAPCO a aussi été souhaitée. Monsieur le Ministre a été, par ailleurs, interpellé sur le non-paiement des impenses dues aux populations de Mbodiène par la SAPCO, ainsi que sur le différend qui oppose cette société aux populations de Simale.

Vos Commissaires se sont également informés sur le retard noté dans l’aménagement de la zone de Potou-sur-mer et sur le démarrage du projet Akon City. 

Par ailleurs, il a été salué la signature de conventions de partenariat entre la SAPCO et le Regroupement national des Organisateurs privés pour le Hadj et la Umrah au Sénégal (RENOPHUS). Sur ce point, il a été suggéré une meilleure réglementation du pèlerinage pour éviter des désagréments aux pèlerins et aux voyagistes privés. 

Vos Commissaires ont plaidé pour le renforcement des moyens ainsi que les pouvoirs du Commissariat spécial du Tourisme tout en sollicitant l’ouverture d’antennes dudit commissariat à Toubacouta ainsi que dans tous les établissements et zones touristiques. L’augmentation des moyens humains et logistiques des inspections régionales du tourisme a aussi été sollicitée. 

La question de la redynamisation des parcs et réserves naturelles, particulièrement du Parc national des Oiseaux de Djoudj, de la Réserve spéciale de Faune de Gueumbeul et du Parc national de la Langue de Barbarie a retenu l’attention de vos Commissaires qui ont par ailleurs interpellé Monsieur le Ministre à propos d’une éventuelle fermeture du Parc de Hann.

Sur un autre registre, vos Commissaires ont invité Monsieur le Ministre à nourrir une réflexion sur la question des visas d’entrée au Sénégal et d’appliquer, au besoin, le principe de la réciprocité. 

Vos Commissaires l’ont interrogé sur les missions et réalisations des bureaux de représentation touristique du Sénégal à l’étranger, ainsi que sur les motifs de la fermeture du bureau d’Atlanta.

Vos Commissaires ont salué le Projet de Renforcement du Positionnement touristique de Saint-Louis et Gorée, tout en interpellant Monsieur le Ministre sur l’impact du Programme de Développement Touristique de Saint Louis et sa Région (PDTS) dans l’essor touristique de Saint-Louis. Ils l’ont exhorté à effectuer un contrôle sur les financements effectués dans ce cadre par l’Agence Française de Développement (AFD) et de financer un PDTS pour la région de Sédhiou.

Évoquant spécifiquement le cas de Gorée, ils ont demandé la suppression, pour les nationaux, de la taxe de 500 FCFA qui vient s’ajouter au ticket d’accès de 1500 FCFA. 

En outre, vos Commissaires ont demandé des éclairages sur les mécanismes d’implication des collectivités territoriales dans les politiques de promotion touristique et sur l’opportunité d’en faire une compétence transférée. 

Par ailleurs, Monsieur le Ministre a été interpellé sur la gestion, le contrôle, la dégradation de la qualité du service, la perte de clientèle et la cession d’une partie du domaine foncier du King Fahd Palace. Ils ont ainsi souhaité l’audit et la mise en place d’un comité de gestion de cet établissement. De même, l’attention de Monsieur le Ministre a été attirée sur la situation des travailleurs de l’hôtel Aubert.  

S’agissant des Loisirs, vos Commissaires ont demandé la déclinaison des projets que le département envisage de mettre en œuvre, afin que ce sous-secteur prospère.

Dans cette logique, ils ont prôné la mise en place de programmes ludiques et instructifs, adossés à nos réalités culturelles et religieuses.

D’ailleurs, vos Commissaires ont décrié la floraison des logements meublés et des salles de jeux, notamment de paris sportifs. Ils ont demandé la prise de mesures règlementaires appropriées, afin d’éviter que ces établissements soient transformés en lieux de débauche et de déperdition scolaire pour les jeunes.

Parallèlement, ils ont préconisé la diversification des espaces et infrastructures dédiés aux loisirs pour permettre à toutes les couches de la population de s’y retrouver. À ce propos, il a été suggéré l’aménagement de lieux de détente dans des quartiers comme Diamaguène, en impliquant davantage les artistes peintres. 

Par ailleurs, certains Commissaires ont invité Monsieur le Ministre à veiller à la structuration des documents qui leur sont soumis, afin de faciliter leur exploitation et la compréhension. Ils ont également demandé des éclaircissements sur les objectifs du programme « Pilotage, Gestion et Coordination administrative », ainsi que sur les notions de « budget genre » et de micro tourisme.

La mise en place d’un réseau d’assainissement adéquat, qui participerait à rendre plus attrayant les sites touristiques, notamment, le Lac Rose, a été sollicitée. Il en est de même de la nécessité d’asseoir une bonne politique de désenclavement des sites touristiques. 

Au regard des préoccupations précitées, qui mettent en exergue la transversalité du secteur, il a été préconisé une synergie entre les ministères sectoriels, pour une meilleure prise en charge de la problématique du Tourisme. Dans ce cadre, il a été recommandé le rapprochement des secteurs du Tourisme et de la Culture au sein du même ministère.

Enfin, vos Commissaires ont déploré la faiblesse des crédits dédiés à l’investissement et ont, en conséquence, plaidé pour l’augmentation du budget alloué au secteur du Tourisme et des Loisirs, eu égard à leur importance et aux nombreux défis à y relever. 

Reprenant la parole, pour donner suite aux interpellations de vos Commissaires, Monsieur le Ministre les a, d’abord, remerciés pour les félicitations, les messages de soutien et d’encouragement formulés à son endroit, ainsi que pour la pertinence des interventions qui témoignent de tout l’intérêt qu’ils accordent à son département et au développement de notre pays. Il a, ensuite, répondu aux différentes questions.

Sur le Tourisme, Monsieur le Ministre a magnifié les multiples efforts consentis par le Gouvernement dans la relance de ce sous-secteur, lourdement impacté par la Covid-19. Dans cette optique, il a souligné que ces efforts ont permis un retour à la dynamique de développement des activités touristiques.

En effet, il a informé que les hôtels qui font du tourisme de masse ont des réservations bouclées jusqu’en décembre 2024. De surcroit, les plus grandes chaînes hôtelières mondiales, en l’occurrence RIU et TUI, se sont implantées au Sénégal. 

Monsieur le Ministre a également informé de la création de nouvelles stations balnéaires à Pointe Sarène, Mbodiène, Joal Fadiouth, et Saint-Louis, conformément aux orientations du PSE. En outre, des projets d’envergure sont en train d’être mis en œuvre dans ces sites par ces deux leaders mondiaux.

Dans cette même dynamique, il a indiqué que Monsieur le Président de la République a donné l’instruction d’attribuer gratuitement des terres aux Sénégalais propriétaires d’hôtels, en plus d’un accompagnement financier, à travers le crédit hôtelier touristique. L’objectif étant de booster l’investissement privé national, pour le rayonnement du secteur touristique qui représente 6% du PIB de notre pays, a-t-il ajouté.

Revenant sur la politique stratégique de développement de l’environnement touristique, Monsieur le Ministre a rappelé que l’objectif du Ministère consiste à attirer le maximum de touristes et d’investisseurs. Il dira, à ce propos, que son département s’emploie à rendre notre destination attractive à l’investissement privé et à asseoir un cadre législatif et réglementaire propice au développement du secteur. Sur ce dernier point, il fera part du projet de Code du Tourisme qui sera déposé, prochainement, sur le Bureau de l’Assemblée nationale. 

S’agissant du volet « promotion touristique », Monsieur le Ministre a mis l’accent sur l’opportunité de réadapter nos stratégies de promotion aux réalités du marché mondial du tourisme. Il fera noter, en ce sens, que l’arrivée massive de touristes étrangers n’est pas la résultante d’une politique de promotion du pays, mais relève plutôt des actions des tours opérateurs qui ont pour activités de répertorier et d’encadrer les touristes. À cet effet, il dira que les deux plus grands tours opérateurs du monde, que sont les groupes TUI et RIU, opèrent maintenant au Sénégal ; d’où la nécessité de préserver notre dynamisme et notre climat sociopolitique apaisé qui justifient la présence de ces leaders mondiaux et le positionnement de la destination Sénégal à l’international, dira-t-il.  

De même, s’accordant avec vos Commissaires sur l’opportunité de promouvoir le tourisme local, Monsieur le Ministre a annoncé que ses services travaillent à faire du Sénégal une destination annuelle, afin de supprimer les saisons qui constituent un frein au développement du tourisme local, avec la niche de clientèle perdue pendant leur fermeture. Il dira, à ce propos, que les statistiques ont montré que 22% des clients de la station balnéaire Pointe Sarène viennent du Sénégal.

Au demeurant, Monsieur le Ministre dira être du même avis que vos Commissaires sur la nécessité de diversifier l’offre touristique. 

Il a indiqué, dans ce cadre, que son département est en train de développer de nouvelles stratégies tendant à la documentation de notre patrimoine culturel, religieux et historique, afin de proposer des circuits qui seront élaborés et mis à la disposition des touristes, à travers des brochures, des dépliants et de l’animation 3D. Cette politique de documentation de notre patrimoine, qui a démarré avec la rédaction de l’histoire des zones du fleuve Sénégal, sera élargie aux autres localités du pays, a-t-il ajouté.

S’agissant du projet City Trip à Dakar, Monsieur le Ministre a précisé qu’il s’agit d’un package qui vise à intégrer et promouvoir le tourisme d’affaires et les circuits touristiques, à travers des voyages thématiques. L’objectif étant d’allonger le séjour des touristes d'affaires.

Revenant sur les difficultés soulevées avec la SAPCO, Monsieur le Ministre a rassuré que les impenses seront payées, avant le démarrage des travaux. Il a annoncé, en outre, la mise en œuvre imminente de projets à Mbodiène. Sur ce, il a fourni des éclairages sur le projet Akon City en précisant que, si son promoteur n’honore pas sa part du contrat le liant à la SAPCO, les terres devant abriter ledit projet seront réattribuées à d’autres investisseurs.

Dans la même dynamique, il a informé du démarrage des études environnementales du site touristique d’Abéné, et que des études de faisabilité des sites du Delta du Saloum sont déjà prévues. Il précisera, à ce niveau, que l’écotourisme sera développé dans ces zones. 

S’agissant de la Casamance, Monsieur le Ministre a fait savoir que beaucoup d’efforts sont en train d’être faits, pour la valorisation de ses potentialités touristiques. En effet, depuis 5 ans, les privés qui investissent dans cette zone sont exonérés de taxes. C’est pour cette raison que le Club Med est en train de faire une extension de 450 chambres. De plus, 27 campements ont bénéficié des financements du Crédit hôtelier et touristique, notamment, à Sédhiou, Kolda et Kédougou, a-t-il informé.

Toutefois, Monsieur le Ministre a précisé que la construction des hôtels ne relève pas des compétences de son département, dont l’une des principales missions consiste plutôt à créer les conditions d’un environnement propice à l’investissement privé. À cet effet, il a invité les acteurs de l’hôtellerie à travailler avec les tours opérateurs, pour être plus attractifs. Dans la même veine, il fera noter que les vols charters seront développés au Cap Skirring, en collaboration avec Air-Sénégal SA. 

Monsieur le Ministre dira, en outre, que son département prendra toutes les mesures nécessaires au fonctionnement de l’École d’Application aux Métiers du Tourisme de Ziguinchor. Il a aussi indiqué que le tourisme n’est pas une compétence transférée aux collectivités locales.

Concernant Saint-Louis, Monsieur le Ministre a annoncé qu’il est prévu d’aménager des espaces qui permettront de maintenir la compétitivité de cette zone. Il s’engage également à réfléchir sur des possibilités d’évaluer le PDT de Saint-Louis, en collaboration avec l’AFD et l’APIX.

Au sujet de l’hôtel King Fahd Palace, Monsieur le Ministre a rappelé qu’un audit a été effectué par les services de son département, en 2018. À l’issue de cet audit, des irrégularités liées, notamment, à l’absence de paiement des redevances ont été décelées. La direction de l’hôtel a indiqué, pour sa défense, que le non-paiement des redevances était dû aux montants exorbitants de la dette que lui devait l’État du Sénégal. Ainsi, il a été révélé un solde créditeur gap de 3 milliards FCFA au profit de l’hôtel, à la suite d’une convention de dettes croisées entre l’État et l’hôtel King Fahd Palace. 

Dans ce même registre, il dira que de nouvelles clauses portant, notamment, sur la maintenance, l’entretien, la rénovation, le cahier de charges, ainsi que le versement de 600 millions de redevances ont été intégrées au contrat initial de concession qui a été signé, en 2010.  Il a, en outre, souligné l’existence d’un comité de gestion, logé à la Primature et composé de neuf membres, dont les représentants des ministères en charge du Tourisme et des Finances.

De surcroit, il a indiqué être en phase avec vos Commissaires sur la perte, en termes de clientèle, concernant notamment les membres de l’équipage des compagnies aériennes. Selon lui, cette situation a été occasionnée par la mise en service de l’Aéroport international Blaise Diagne (AIBD) qui a impacté sur les activités de l’hôtel. À ce niveau, il a précisé, d’une part, qu’aucune cession de terre n’a été faite sur le domaine foncier de l’hôtel et, d’autre part, que sa rénovation est en cours de réalisation, et le standing des chambres est aligné aux normes et qualités requises. Ce qui justifie, aujourd’hui, que cet hôtel continue à loger des chefs d’État et à abriter des rencontres d’envergure internationale. 

S’agissant de l’hôtel Aubert, Monsieur le Ministère a rappelé qu’il s’agit d’une propriété privée. Toutefois, il s’engage à mener des missions de bons offices, à chaque fois que de besoin et dans la limite de ses attributions, pour apaiser le climat social dans tous les établissements affiliés à son ministère. 

Concernant la question sur les représentations, il dira que des bureaux ont été ouverts à Washington et à Paris, compte tenu de la forte clientèle venant de la France et de la Belgique, même si, précisera-t-il, avec les tours opérateurs, la destination Sénégal accueille des touristes de nationalités diverses.

Sur la question des visas, il a indiqué que l’application de la réciprocité va grever la compétitivité de l’offre du pays, compte tenu des critères de choix de la clientèle qui feront perdre 6 points, soit 40% du volume de touristes prenant la décision d’opter pour la destination Sénégal. 

Relativement à la question du déphasage noté, dans le contenu du Document de Programmation Pluriannuelle des Dépenses (DPPD) et celui du rapport de présentation du projet de budget 2023, il a souligné que ce dernier document a été comprimé dans l’optique d’accorder plus de temps aux débats. C’est une démarche qui s’inscrit dans une logique de célérité et d’efficacité, a-t-il ajouté. Il précisera, dans le même sens, que l’absence de montants relevée dans certaines rubriques du document et la non-prise en compte des infrastructures aéroportuaires, sont dues à l’éclatement du Ministère, dont les domaines de prédilection se limitent, aujourd’hui, au Tourisme et aux Loisirs. À ce propos, il a indiqué que ces questions seront traitées par son Collègue en charge des Transports aériens. 

Par ailleurs, Monsieur le Ministre a remercié vos Commissaires pour leur plaidoyer en faveur de l’augmentation du budget de son département. À ce niveau, il fera comprendre que les investissements privés représentent beaucoup de ressources qui ne sont pas retracées dans le budget du Ministère. Il a, dans ce sens, informé du financement d’un projet de 250.000.000 d’euros qui vient d’être bouclé avec des partenaires privés.

En ce qui concerne les loisirs, Monsieur le Ministre a indiqué qu’ils renvoient à toute activité individuelle ou collective de nature variée, notamment culturelle, sportive, touristique et de plein air, à laquelle une personne se consacre volontairement pendant son temps libre. Il dira qu’au regard de ce caractère transversal des loisirs, une commission interministérielle sera tenue, en collaboration avec les ministères en charge de la Femme, de la Culture et de la Jeunesse, pour définir un programme qui permettra d’impacter le maximum de sénégalais dans le type de loisir de son choix. 

Concluant son propos, il a souligné que les crédits alloués à ce sous- secteur serviront, entre autres, à la mise en place d’un fonds de garantie destiné au financement d’activités portant sur de l’évènementiel. Monsieur le Ministre en a profité pour demander à son Collègue en charge du Budget de bien vouloir rehausser les crédits alloués au sous-secteur des Loisirs. 

A son tour, Monsieur le Ministre des Finances et du Budget dira reconnaitre la faiblesse des crédits alloués au Ministère et s’engage à faire des efforts pour les rehausser.  Il a aussi souligné que d’autres ressources provenant de financements privés viendront renforcer ce budget. À titre illustratif, il est revenu sur le montant de 250 millions d’euros, susmentionné, soit 164 milliards FCFA de financement qui dépassent de très loin ce que laisse transparaître le budget.

Par ailleurs, Monsieur le Ministre dira être du même avis que vos Commissaires sur le rôle qui incombe à l’État de faciliter l’accès aux zones touristiques et d’offrir au personnel une formation de qualité. Ce qui signifie que d’autres projets et programmes logés dans certains ministères contribuent à l’amélioration de l’environnement du secteur touristique, précisera-t-il.

S’agissant de la plaidoirie pour l’augmentation des crédits destinés aux dépenses d’investissement, Monsieur le Ministre a expliqué que le montant de ces crédits est arrêté en fonction du domaine de prédilection de chaque ministère. C’est ce qui explique, d’ailleurs, que les dépenses de personnel du Ministère en charge de l’Éducation représentent 83% (forte intensité en capital humain), tandis que les dépenses d’investissement du Ministère en charge des Infrastructures, qui a un budget à forte intensité de capital, et dont les investissements absorbent sont évaluées à 91.4% due son budget. Il dira, à cet effet, que le rôle du Ministère en charge du Tourisme ne consiste pas à faire de l’investissement public, mais plutôt à créer les conditions pour renforcer l’attractivité du pays pour attirer des investisseurs privés, en mettant en place un cadre fiscal incitatif, mais également les conditions préalables à leur installation (aménagement, routes d’accès…).

Répondant à la demande de prise en charge des services déconcentrés, Monsieur le Ministre a annoncé le programme de construction de cités ministérielles régionales, dont les travaux ont démarré à Kaffrine.

Il dira, en outre, être attentif à la demande de revoir à la hausse les crédits alloués à l’Agence Sénégalaise de Promotion touristique (ASPT), ainsi qu’à la proposition de faire de la promotion touristique un programme métier, distinct de celui de l’offre touristique.

En ce qui concerne l’état des lieux du nombre de touristes enregistré, il a, tout d’abord, rappelé l’objectif du PSE qui consiste à faire du Sénégal un hub régional multiservice, avec un objectif de 3 millions de touristes, en 2023. 

Il est, à cet égard, revenu sur la situation antérieure en prenant comme référence l’année 2012, où le Sénégal avait enregistré 980. 000 touristes. Avec la stratégie décennale du PSE, couvrant la période 2014-2023, Monsieur le Ministre a révélé que ce nombre avait été porté à 1 600 000 d’entrées de touristes en 2019. Cet élan, qui a été freiné par la Covid-19, a connu une belle reprise, à la suite des nombreux efforts consentis par le Gouvernement du Sénégal pour relancer le secteur, a-t-il ajouté.

Il dira, dans ce même registre, que le rapport économique et financier a montré un taux de croissance de 3.2% en 2021, contre un repli de 19,8% en 2020. À titre illustratif, il a annoncé que 836 784 touristes ont été enregistrés en 2021, contre 454 450 touristes en 2020. Il a, en outre, informé que la croissance des chiffres des services d’hébergement et de restauration est établie à 6.2%, contre 3.1% en 2021. Il a précisé, enfin, que tous ces éléments montrent à suffisance la reprise qui a été amorcée dans le secteur après la Covid-19. 

Sur la notion de « budget genre », Monsieur le Ministre a indiqué qu’un document budgétaire « genre » a été élaboré dans l’optique d’un développement inclusif et durable de l’approche genre qui vise à rendre visible les inégalités et à établir des mécanismes discriminatoires, pour une meilleure prise en charge des femmes dans les politiques publiques. 

Il a invité, à ce titre, vos Commissaires à s’approprier de cet important document. Ainsi, une fiche sera transmise pour une définition beaucoup plus exhaustive du terme « genre », a-t-il conclu. 

Satisfaits des réponses apportées par Messieurs les Ministres, vos Commissaires ont adopté, à la majorité, les différents programmes du projet de budget 2023 du Ministère du Tourisme et des Loisirs. Ils vous demandent d’en faire autant, s’il ne soulève, de votre part, aucune objection majeure.

 

SECTION 49 : MINISTERE DU TOURISME ET DES LOISIRS